Assurance-vie ou Livret A : quelle somme mettre sur chacun ?
Le Livret A et l’assurance-vie ne sont pas concurrents : ils répondent à deux besoins différents. Le livret garde l’argent disponible à la minute, sans risque et sans impôt, mais dans la limite d’un plafond et à un taux fixé par les pouvoirs publics. L’assurance-vie accueille l’épargne qui peut attendre, avec plus de choix, des frais et une fiscalité propre. La vraie question n’est pas de choisir l’un ou l’autre, mais de savoir à partir de quel montant le livret a rempli son rôle.
Le Livret A en octobre 2026 : taux, plafond, fiscalité
Le Livret A peut être proposé par tout établissement de crédit habilité à recevoir des fonds à vue ayant passé une convention avec l’État, selon l’article L221-1 du code monétaire et financier. Son plafond de versements est de 22 950 € pour une personne physique (article R221-2 du même code) ; les intérêts capitalisés peuvent le dépasser. Les intérêts sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, rappelle la fiche F2329 de Service-Public.
Le taux est révisé périodiquement et peut baisser : un livret protège le capital, pas le pouvoir d’achat.
En cas de défaillance de la banque, les livrets A, LDDS et LEP bénéficient d’un plafond de garantie de 100 000 € distinct de celui des autres dépôts, selon l’arrêté du 27 octobre 2015.
L’assurance-vie : une épargne accessible, pas un compte bloqué
L’idée que l’argent serait immobilisé 8 ans est fausse. Un rachat peut être demandé à tout moment, et l’assureur doit verser la valeur de rachat dans un délai maximal de deux mois selon l’article L132-21 du code des assurances. En pratique, le délai est souvent plus court, mais il n’est jamais immédiat : c’est la principale différence d’usage avec un livret.
Le reste diffère aussi :
- pas de plafond de versement ;
- des supports au choix, du fonds en euros garanti par l’assureur aux unités de compte, qui exposent à un risque de perte en capital ;
- des frais sur versements, de gestion et d’arbitrage ;
- une fiscalité au rachat limitée à la part de gains retirée, avec un abattement annuel après 8 ans, détaillée dans le guide sur la fiscalité des rachats ; les prélèvements sociaux y sont de 17,2 % ;
- une clause bénéficiaire, qui permet de transmettre hors succession.
Comparaison point par point
| Livret A | Assurance-vie | |
|---|---|---|
| Disponibilité | Immédiate | Rachat versé sous deux mois au plus |
| Plafond | 22 950 € | Aucun |
| Rendement | 1,70 % jusqu’au 31/01/2027, révisable | Variable selon supports, non garanti hors fonds en euros |
| Risque de perte | Aucun | Aucun sur le fonds en euros (selon frais), réel sur les unités de compte |
| Impôt sur le revenu | Exonéré | Sur la part de gains rachetée |
| Prélèvements sociaux | Exonéré | 17,2 % |
| Transmission | Entre dans la succession | Clause bénéficiaire, fiscalité propre |
Dimensionner l’épargne de précaution
Aucun texte ni aucune autorité ne fixe le montant d’une épargne de précaution. Les formules du type « trois mois de salaire » sont des conventions, pas des règles. Le bon montant dépend de facteurs que vous seul connaissez.
Une fois la réserve constituée, l’épargne de projets à quelques années peut aller sur un fonds en euros, et l’épargne de long terme peut comporter des unités de compte, selon votre tolérance aux variations. Le guide sur l’assurance-vie bancaire trop prudente aide à ajuster cette part sur un contrat existant.
Deux erreurs symétriques
- Tout laisser sur des livrets par crainte de bloquer son argent. L’assurance-vie reste accessible, et l’ouvrir tôt, même avec un petit versement, fait courir le délai fiscal de 8 ans.
- Vider son livret pour tout placer en assurance-vie. Au premier imprévu, il faut racheter, avec un délai, éventuellement de l’impôt et, en unités de compte, le risque de vendre après une baisse.
Pour comprendre les supports avant d’ouvrir un contrat, commencez par le fonctionnement de l’assurance-vie.
Ces informations sont générales et ne constituent pas un conseil en investissement. Les unités de compte présentent un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Sources
- Arrêté du 28 juillet 2026 relatif aux taux d'intérêt de certains produits d'épargne réglementée
- Code monétaire et financier, article L221-1 (Livret A)
- Code des assurances, article L132-21 (délai de rachat)
- Prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine et de placement
- Arrêté du 27 octobre 2015 relatif à la mise en œuvre de la garantie des dépôts